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Belém & Marajó, l’embouchure de l’Amazone

Depuis sa naissance dans les entrailles des Andes, c’est une véritable épopée continentale que le fleuve Amazone aura vécue pour tracer son énorme sillon et parvenir jusqu’ici.
Plus de 7.000 km de course et une multitude d’affluents venus le muscler régulièrement, quand au bout de sa course il se jette dans l’océan pour une rencontre titanesque les chiffres s’affolent.
Avec un débit allant jusqu’à 209.000 m³/seconde (ce qui altère la salinité et la couleur de l’océan jusqu’à 300 km des côtes), l’Amazone est responsable à lui seul de 18% du volume total d’eau douce déversée dans les océans du monde.

L’embouchure du fleuve est délimitée au nord par Macapá, écrasée par la chaleur (la ville est située exactement sur la ligne de l’Equateur), au sud par Belém, nostalgique d’un passé glorieux.

En dépit de ses attraits certains, la région reste mal connue et quasiment exclue des routes touristiques traditionnelles.
Entre Amazonie et Atlantique, les écosystèmes rivalisent pourtant d’inventivité pour proposer une large gamme de contrastes.
La région de Belém compte à la fois avec de nombreuses plages fluviales, en particulier sur les îles de Mosqueiro, Outeiro et Cotijuba ; et à la fois avec des plages océaniques, telles qu’Algodoal, Salinas et Ajuruteua.
Au centre du delta, l’immense île de Marajó, de la taille de la Suisse, constitue un terrain de jeu sans limites où plaines et forêt tropicales alternent.

Belem

Belém, capitale de l’Etat du Pará, est le centre économique de la région Nord à l’embouchure du plus grand fleuve du monde, l’Amazone. Entourée de rivières, de cours d’eaux et de canaux, la ville est fameuse pour ses tunnels de manguiers et son impressionnant indice pluviométrique, surtout entre les mois de novembre et de mai. La pluie, qui fait d’ailleurs partie du folklore de la ville, est généralement de courte durée et comme une tiède ondée qui vient atténuer la chaleur tropicale.

Ce qui plait et dépayse à Belém, c’est tout d’abord la luxuriante nature intégrée à la vie urbaine. Les places arborisées et les jardins y constituent de véritables petites enclaves de forêt amazonienne, en harmonie avec le mouvement incessant de la ville.
Belém offre aussi une cuisine traditionnelle des plus authentiquement brésiliennes ou amazoniennes. Des plats tels que le canard au tucupi, la maniçoba, le tacaca, le crabe, les soupes de poissons et le sarapatel de tortue sont parmi les mets délicieux qui illustrent un art culinaire riche en saveurs.

L’histoire de la ville, qui fut à la croisée des ambitions coloniales des puissances européennes, se raconte au long de rues à l’architecture variée (influence anglaise, française, hollandaise …).
Au plan économique, après avoir vécu l’épopée du caoutchouc, de son apogée jusqu’à sa chute, Belém est aujourd’hui la capitale du commerce de bois précieux.

Le ver-o-peso, synthèse de la vie amazonienne

Le pittoresque marché de Ver-o-Peso, avec son mélange de couleurs, d’arômes, de saveurs et des mets exotiques, constitue une visite obligée pour le voyageur (produits de la mer, du fleuve et de la forêt). Avec ses 26 500 m2, le Ver-o-Peso est un marché libre où circulent quotidiennement des milliers de gens.
Dans les nombreuses baraques qui le composent, on trouvera, bien sûr, tous les fruits savoureux de la région (ananas, papaye, bacuri, cupuaçu, uxi, tapereba, açai, pupunha, etc.), ainsi que les poissons les plus variés, les viandes, les légumes, les plantes utilisées par la médecine populaire et de la forêt. Mais on trouvera aussi, pour ajouter une touche mystique et magique à la liste des achats possibles, toutes sortes de potions et remèdes : depuis les infusions pour résoudre un simple mal de dents jusqu’aux fioles (garrafadas) contenant des décoctions de plantes et de parties d’animaux destinées à « apprivoiser » les maris et portant des noms suggestifs tels que : « pleure à mes pieds », « ne me quitte pas », « viens à moi », etc…

L’artisanat est un autre attrait du Pará. On peut acheter de belles pièces de céramique à Icoaraci, à 25 km de Belém. Connue également pour sa cuisine à base de poissons et de crustacés, la ville d’Icoaraci est le plus grand centre d’artisanat en céramique du Para.

Marajo

De la taille de la Suisse, l’île de Marajó est la plus grande île fluviale du monde. Située au cœur de l’immense delta formé par les fleuves Amazone et Tocantins, face à l’Atlantique -par conséquent soumise aux marées- l’île compte près de 200 000 habitants.

Les Indiens qui peuplaient Marajó il y a plus de 3000 ans ont laissé d’intéressants témoignages de leur passage, notamment les terres cuites peintes de rouge, de noir et de blanc, typiques de la région.
Mais ce sont surtout ses paysages qui ont fait la réputation de cette île démesurée aux panoramas contrastés.

Sur le littoral, les embouchures des fleuves sont ceinturées de mangrove. A l’intérieur, la moitié occidentale de l’île est couverte de forêts épaisses et inondées la moitié de l’année, tandis que la partie orientale offre un panorama de savanes où s’ébattent des centaines de milliers de buffles.
Ceux-ci, plus nombreux que les insulaires, furent introduits sur l’île par hasard, lorsqu’un bateau les transportant en direction de la Guyane sombra à quelques encâblures de l’île. Les buffles, excellents nageurs, rejoignirent la côte, et trouvèrent à Marajó des conditions de vie idéales.

Au pas tranquille du buffle de Marajó

Un ferry part tous les jours de Belém pour accoster, quelques heures plus tard, près de Soure, le chef lieu sis sur la côte orientale (le trajet peut se faire en avion, 30 mn de vol).

Dès l’arrivée sur l’île, on est saisi par l’ambiance singulière de ce bout du monde, et on perçoit d’emblée qu’ici le temps semble ne pas s’écouler au même rythme que sur le continent.
Sur la seule route de l’île, on croise peu de véhicules à moteur, quelques cyclistes sans hâte, des charrettes brinquebalantes tirées paresseusement par des buffles, ou encore des "boiaderos", les gardiens de troupeaux qui nous toisent fièrement du haut de leur monture.
Marajó la champêtre nous dévoilera ensuite, délicatement, ses véritables trésors : la gentillesse de ses habitants nonchalants, l’inventivité de son artisanat, un folklore remarquable ou encore la gastronomie, aussi spéciale que les ingrédients qui la composent.

Algodoal

Belém se trouve à une centaine de kilomètres de l’Atlantique, et pour en atteindre les premières vagues, il faut d’abord emprunter un bus de ligne (ou un véhicule privé) pendant trois à quatre heures, à travers quelques villages perdus, pour rallier Maruda, petit bourg sur le littoral.
Plus loin, encore plus perdue, se trouve l’île de Maiandeua, petit bijou de sable et de mangrove qui offre un contraste saisissant avec l’environnement tropical de Belém.
L’Amazonie trouve enfin sa frontière dans cette région où se réalise la jonction des eaux vertes de l’océan et de celles, boueuses, des interminables fleuves qui descendent de la cordillère des Andes ou du Planalto central.

Entre mangrove et plages sans fin …

Ici, on se déplace à pied ou en charrette (il n’y a pas de véhicules à moteur sur l’île), et l’électricité a été installée recemment. Tout au bout de la plage, à l’écart du minuscule village de pêcheurs d’Algodoal, se trouve le « jardin d’Eden », hâvre de paix qui offre au voyageur un cadre des plus propices à la relaxation.
On y loge dans un ensemble hétéroclite composé de petits pavillons d’un –surprenant- style gothique entourant l’édifice principal, un grand chalet de bois monté sur pilotis, construit sur la plage, face à la mer.
L’endroit, privilégié, est quasiment inconnu. Le dépaysement y est garanti, entre farniente et balades à pied dans la mangrove ou à l’intérieur de l’île.

Santarem

Il existe bien quelques routes et pistes pour parcourir l’enchevêtrement végétal de la plus grande forêt du monde, mais les chemins les plus naturels et évidents sont indéniablement les nombreux cours d’eau, parfois de la taille d’une mer, sans horizon.
Ici, le bateau est roi, et constitue un mode de transport naturellement privilégié par l’homme, tant pour le transport des marchandises que pour celui des passagers.
De Manaus à Belém, du rio Negro au rio Solimoes, de l’Etat du Roraima à l’Acre, on peut admirer les superbes embarcations typiques du bassin amazonien.
Entièrement en bois, elles sont tout en rondeurs avec leur coque rebondie et leurs ponts incurvés, semblables à de gros jouets dont le design serait dû à un architecte inspiré par une muse dodue.
Leurs sympathiques silhouettes sillonnent inlassablement l’immense réseau fluvial, fendant doucement les eaux calmes des grands fleuves, croisant un banc de botos (les dauphins d’eau douce) ou accompagnant un vol d’aigrettes dérangées durant leur pêche.
Ils constituent un moyen idéal d’appréhender les mystères de l’Amazonie, que ce soit sur un bateau de ligne aux ponts envahis de hamacs, ou dans le confort des cabines climatisées d’une croisière touristique.



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