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Les couleurs du Brésil
Par Sergio Soliz

Le Brésil est une aquarelle multicolore où coexistent actuellement plus de 193 millions de personnes. Sur ce vaste territoire, du sang de multiples origines se mélange constamment en générant des nuances toujours nouvelles.
Toutefois, cette symphonie chromatique n’est pas une image idyllique du paradis mais le produit d’amours et de haines, de frictions et de retrouvailles qui se sont succédé au cours du temps.

Les habitants d’origine

Dans une citation cauchemardesque, l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano affirme que, sur les 70 millions d’indigènes qui peuplaient les Amériques avant la conquête, seulement trois millions avaient survécu à la barbarie un siècle et demi plus tard.
L’avidité des conquérants n’avait pas de limites et tout était tentation sur ces terres, aussi bien l’or dont les étincelles obnubilaient l’âme, que les épices très appréciées (et très rares) à cette époque comme la cannelle, le gingembre et le clou de girofle.
Une poignée de poivre au Moyen Âge, affirme Galeano, valait plus que la vie d’un homme.

Ainsi en fut-il des indigènes du Brésil : les nombreux et divers peuples originaires existants avant l’arrivée des conquérants succombèrent rapidement à la destruction causée par les pestes, les guerres et les travaux forcés auxquels ils étaient soumis.

Aujourd’hui, le Brésil possède le plus grand nombre de peuples indigènes encore cachés de toute la planète et l’on estime qu’un total de 80 tribus isolées vivent en Amazonie. La majorité vit de manière autonome à partir des produits de son environnement, aussi bien pour obtenir des aliments et des plantes médicinales que pour construire ses maisons et fabriquer ses ustensiles.
La survie de ces tribus, toutefois, est constamment menacée, non seulement par la précarité de leurs conditions de vie mais aussi par l’avidité des éleveurs bovins et des exploitants forestiers qui cherchent et prennent, la plupart du temps par la force, de nouvelles terres pour les exploiter économiquement.

Les esclaves de l’or

Le Brésil a été le pays d’Amérique du Sud qui a reçu le plus grand nombre d’esclaves : les Noirs, transportés depuis l’Afrique comme du bétail, y forment ainsi l’une des composantes les plus importantes de la diversité culturelle.
Au moins sept millions d’esclaves noirs ont été introduits au Brésil entre le début de la conquête et l’abolition de l’esclavage en 1888. Quand la main d’œuvre indigène est devenue insuffisante, il a été nécessaire d’utiliser la force des esclaves qui ont travaillé autant dans les mines d’or situées dans la zone du Minas Gerais que dans les plantations de sucre qui ont été établies surtout dans la zone de Salvador de Bahia.
De la même manière que les indigènes, la population noire a été utilisée pour réaliser des travaux forcés dans des conditions inhumaines et elle aussi a été décimée.
En dépit de tout cela, il est intéressant de constater que durant l’année 1820 et selon les statistiques de référence du philologue Angel Rosenblat, la population de noirs et de métis atteignait les deux millions et demi d’habitants tandis que la population blanche ne dépassait pas le million et demi. A cette même époque, la population indigène du Brésil ne représentait pas plus de 500.000 habitants.
Selon les statistiques de l’Enquête Nationale du Logement conduite en 2008 au Brésil, la population noire atteignait les 85 millions de personnes, c’est-à-dire 44% de la population brésilienne.

Les grandes migrations européennes

La découverte des mines d’or au Brésil à la fin du XVIIe siècle a été le détonateur qui a lancé le début d’une immigration massive d’aventuriers qui ont quitté leur pays d’origine pour s’abandonner aux promesses du nouveau monde.
Suite aux besoins de l’exploitation minière, on estime que la population a été multipliée au moins par 10, passant de trois cent mille habitants en 1690 à trois millions deux cent cinquante mille en 1798.
Selon l’Institut Brésilien de Géographie et de Statistique, entre 1500 et 1700, plus ou moins 100.000 Portugais sont entrés au Brésil, pour la plupart de jeunes hommes qui se seraient mariés avec des femmes indigènes. Pourtant, l’immigration massive de Portugais se réalise au cours du XVIIIe siècle quand 600.000 Portugais s’établissent sur ces territoires.
Durant cette période, plusieurs villes ont été fondées : Ribeirão do Carmo (connu maintenant comme Mariana), São João Del Rei, Vila Real de Sabará et Vila Rica de Ouro Preto. Il reste de cette époque de magnifiques œuvres d’art et les plus belles églises construites dans ces régions du Brésil.

Autres migrations

Pendant la colonisation, l’entrée de migrants concernait principalement des citoyens d’origine portugaise. Cependant, après l’indépendance du Brésil, les portes ont été ouvertes à tous les immigrants d’origine européenne qui voulaient s’établir sur ces nouveaux territoires.
On croit qu’à la fin du XIXe siècle plus de deux millions de personnes ont immigré au Brésil et que 2.2 millions de plus sont arrivées pendant les premières décennies du XXe siècle.
Ce grand flux répondait, entre autres, au besoin de main d’œuvre compte tenu de la faible densité démographique de cet immense territoire, mais aussi à une politique de "blanchissement" lancée par l’état brésilien qui prétendait "améliorer la race" en introduisant des habitants d’origine européenne.
Les migrations les plus significatives au Brésil ont été d’origine italienne, portugaise, allemande, espagnole, polonaise, lituanienne, ukrainienne et juive. Pendant la Première Guerre Mondiale on enregistre une augmentation d’immigrants provenant de la Pologne, la Russie et la Roumanie.
A cette même époque, on note aussi une augmentation du nombre d’immigrants du Moyen-Orient (Syrie et Liban).
À partir des années 70, on observe de la même manière un accroissement du flux d’immigrants provenant de la Corée du Sud, de la Chine, de Taiwan, de Bolivie, du Pérou et du Paraguay.

L’intégration dans le temps

Le multiculturalisme est devenu l’une des plus grandes richesses du Brésil et cela s’exprime dans tous les domaines.
Bien que les cultures indigènes et noires aient été significativement réduites sous le joug de la colonisation, l’esprit de ce peuple s’est maintenu intact.
On retrouve cette richesse dans le domaine culinaire, avec des centaines de saveurs qui envoûtent le palais, dans la diversité religieuse, le catholicisme côtoyant des religions africaines et, bien sûr, dans le domaine de la musique et de la danse où la richesse des rythmes, des mélodies et des couleurs donne vie à l’un des carnavals les plus célèbres et ostentatoires du monde : le Carnaval de Rio.