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La Fusca, une voiture de légende au Brésil
Par Sandrine Bavard, 14/03/2017

La Coccinelle est aux Brésiliens ce que la 2CV est aux Français : une voiture populaire, entrée dans la légende. La "Fusca", comme on l’appelle là-bas, a été l’une des voitures les plus vendues pendant plus de 25 ans.

Les coccinelles au Brésil - Voyage Brésil

La Coccinelle est née en Allemagne peu avant la Seconde Guerre mondiale. Lors de son accession en pouvoir en 1933, Hitler décide de faire de l’automobile un des fers de lance de sa politique et l’un des symboles de la puissance allemande. Un an plus tard, au Salon international de l’automobile de Genève, il annonce sa volonté de produire une "voiture du peuple" (Volkswagen en allemand).

Un ingénieur autrichien a la même idée au même moment : il s’agit de Ferdinand Porsche, qui a démissionné de chez Daimler et créé son propre bureau d’études pour imaginer une voiture qui puisse être produite en masse et accessible au plus grand nombre. Il obtient le soutien du Führer et du syndicat allemand de la construction automobile pour réaliser un prototype.

Une voiture solide et pas chère
La "voiture du peuple" doit répondre à un cahier des charges très précis : être capable de transporter 4 adultes ainsi que leurs bagages à une vitesse de 100 km/h pour une consommation moyenne n’excédant pas 7 litres aux 100 km. Elle doit être assez solide pour résister aux intempéries, ainsi que coûter moins de 1000 marks.

LaCoccinelle, alors appelée Kraft durch Freude, "la force par la joie", est dévoilée au public en 1938, lors de la pose de la première pierre de l’usine de Wolfsburg en Basse-Saxe par Hitler en personne : elle pèse alors 750 kg et développe 24 cv, propulsés par un moteur quatre cylindres à plat, situé à l’arrière. Mais la guerre qui survient met un frein au projet : l’usine est réquisitionnée pour fabriquer des véhicules militaires et un dérivé de la Coccinelle est mobilisé sur le front.

Un succès foudroyant après-guerre
Après la Seconde Guerre mondiale, les forces d’occupation britanniques et le Royal Electrical and Mechanical Engineers (REME ) se chargent de remettre en état une usine et des machines en ruines. Le major Yvan Hirst, qui la dirige, découvre alors cette drôle de petite voiture aux courbes si généreuses et décide de relancer la production : 25 000 véhicules sont fabriqués dès 1948, où l’on atteint réellement la production industrielle rêvée par son concepteur.

Heinrich Nordhoff prend la direction de Wolkswagen un an plus tard et apporte un nouveau souffle à l’entreprise qui prend une dimension internationale : la voiture s’exporte partout avec succès, notamment aux Etats-Unis, en plein boom économique. En 1951, la Coccinelle se vend dans 29 pays et sa production dépasse les 250 000 exemplaires. En 1955, la production de la Coccinelle dépasse le cap symbolique du million.

Les années 60 représentent un âge d’or pour la "Cox" qui s’affiche au cinéma dans "Un amour de Coccinelle"(un véritable carton au box-office), et sillonne les circuits comme au Rallye de Monte-Carlo gagnant encore un peu plus en notoriété. En 1972, la Coccinelle bat le record de modèles vendus, détenu jusqu’alors par l’américaine Ford T. Au total, Volkswagen peut se vanter d’avoir vendu plus de 21 millions d’exemplaires de la Coccinelle dans le monde.

Années 50 : la "fusca" débarque au Brésil
Au Brésil, la Coccinelle est devenue l’une des voitures les plus populaires et les plus vendues, avec une longévité exceptionnelle. En 1953, Heinrich Nordhoff ouvre une usine dans le pays qui sera l’un de ses principaux débouchés en dehors de l’Allemagne. Dans un premier temps, l’usine installée à São Bernardo dos Campos dans l´Etat de São Paulo assemble des pièces venues d’Allemagne. Mais à partir de 1959, la voiture est entièrement fabriquée sur place, à la grande fierté des habitants et du gouvernement.

La voiture allemande, robuste, bon marché et facile à réparer, rencontre un succès immédiat : elle représente un rêve accessible pour une classe moyenne en pleine ascension. Elle envahit les rues et les routes de campagne, et les Brésiliens se l’approprient si bien qu’ils lui attribuent un surnom : la "Fusca".

Mais, dans les années 70 en Europe, la Coccinelle apparaît dépassée : l’Allemagne baisse sa production en 1974 au profit de la Golf, plus moderne, plus puissante et correspondant mieux à l’air du temps. La production perdure néanmoins au Brésil jusqu’en 1986. Sept ans plus tard, sous l’impulsion du président de la république, Itamar Franco, et grâce à de larges subventions fiscales accordées au groupe Volkswagen, la production redémarre... mais pour trois ans seulement.

Une voiture de collection
Surfant sur le capital sympathie et la tendance au rétro, le constructeur allemand sort une nouvelle version de la Coccinelle en 1998 : la New Beetle, qui reste fidèle à la forme originale, mais qui embarque une mécanique récente, celle de la 4e génération de la Golf. Elle n’est plus le modèle populaire d’antan, mais un modèle de luxe sur le marché brésilien, et les ventes peinent à décoller. La Beetle troisième génération qui suivra, en 2011, ne fera pas mieux.

On peut encore voir quelques "Fusca" en circulation au Brésil _des objets de collection_ retapées par des passionnés, ce qui participe un peu plus à son statut de légende. Il y a même une association, Fusca Clube do Brasil qui compte pas moins de 15 000 membres et qui entend bien prolonger la durée de vie de la "Fusca", même à titre symbolique, sur les routes brésiliennes.

Voyager au Brésil - La voiture Coccinelle

La région avec la plus belle concentration de "Fuscas" est le Minas Gerais. Voici le circuit dans le Minas Gerais qui vous permettra d’en contempler en grande quantité. Consulter nos circuit au Minas Gerais.